« Le premier instrument de mesure du vent est celui de la girouette, invention de la Grèce antique destinée à indiquer la direction du vent. »
Certains auraient bien fait de s’en inspirer.
Dans l’affaire qui nous préoccupe aujourd’hui, mesurer la force du vent aurait permis d’éviter bien des erreurs, comme celle qui consiste à croire que la mer puisse être domptée au moyen de boudins en caoutchouc ou de galets jetés sur les rivages.
Pour que tout le monde soit véritablement informé, voici comment, dans un bureau d’études où n’a jamais soufflé le vent de l’esprit, il est venu l’idée à quelques ingénieurs de résoudre le problème de l’érosion du littoral à l’entrée de notre beau village:
pour contrarier les flots qui menacent la route, le projet consiste à installer une digue sous-marine constituée de « boudins » empilés les uns sur les autres. Cette installation doit être pyramidale. Le sommet est constitué d’un seul de ces boudins, positionné – condition d’une efficacité vérifiée – à 50cm de la surface de la mer.
Ces « boudins », tubes souples en « géotextile » (matériau non polluant utilisé dans le bâtiment), sont remplis de gravier à l’aide d’une pompe extrêmement puissante. Celle-ci projette le matériau jusqu’à 500m au moyen de tuyaux sous-marins reliés aux « boudins » positionnés à 100m du rivage. Cette digue sous-marine en caoutchouc doit donc s’étaler au large sur une longueur de 700 mètres.
Depuis maintenant quatre hivers, on pompe … On pompe sans en voir la fin.
Cela me rappelle Les Shadoks de mon enfance, qui inlassablement, du temps de l’ORTF, pompaient pour notre plus grand plaisir!
Mais si les Shadoks pompaient, ils n’en manquaient pas moins de clairvoyance comme l’illustre la devise ci-dessous.
Parallèlement à l’installation de cette digue sous marine on a déversé sur le rivage 30 000 tonnes de galets pour consolider l’ouvrage. L’idée consiste donc à « casser » la vague dans un premier temps, puis que celle-ci bute sur le mur de galets, censé protéger la route à l’entrée nord de la ville. Résultat : au printemps dernier, une noria de camions effectuant 1500 à 2000 trajets pour déverser cette montagne de cailloux! Qui, on le verra ont été tout simplement jetés à la mer!
Cette image a été réalisée cet été, en pleine saison: si l’on observe attentivement, seul un couple de vacanciers a pris la décision de s’établir sur cette grève pour profiter pleinement des joies de la plage, ou pour être au plus près de la réalité, des joies de la baignade au milieu d’une carrière de pierres!
Avant de poursuivre, cher lecteur, vérifions si ce type d’installation a produit ailleurs les effets escomptés ici. Le groupe Vinci, l’une des plus importantes entreprises au monde de Travaux Publics a mené une opération similaire à Cannes, face à la Croisette…avant d’abandonner le chantier. C’est une entreprise monégasque, la Trasomar qui relevé le défi et le résultat serait convaincant puisque la digue a résisté aux assauts de la mer en novembre 2011!
Mais on ne peut comparer les tempêtes de la Côte d’Azur avec le Libecciu de notre île, qui, lorsqu’il est suivi par la Tramontane, provoque une houle au regard de laquelle les tempêtes de la Baie des Anges ne sont que clapotis!
Il eût été plus simple, plus raisonnable aussi, d’appliquer les lois scientifiques de base que l’on enseigne aux enfants de l’école primaire: toute démarche scientifique repose d’abord sur l’observation! J’ai l’impression que ceux qui ont établi ce dossier n’ont gardé comme souvenir de leurs études que les bordées qu’ils prenaient sur la Croisette!
Voila ce qui se passe chez nous, lorsque le vent souffle!
Personne ne s’accorde au sujet de l’origine des pâtes à la Carbonara.
Le Latium, dont Rome est la capitale, est la région d’Italie qui en revendique la paternité, mais il se peut qu’elles aient été créées en Ombrie par les Carbonari, dont les membres faisaient partie d’une société secrète, originaire quant à elle, de La région de Campanie.
Qu’elles viennent de Perouse, du Royaume de Naples ou bien de Rome, qu’elles aient été créées par Ippolito Cavalcanti, comme l’affirment les érudits, ou bien encore inspirées par les Américains en 1945 – ils possédaient une grande quantité de Bacon dans leurs rations alimentaires – les pâtes à la Carbonara sont à l’image de leur origine: un plat impossible, une hérésie culinaire dans sa composition, mais qui produit In fine une harmonie parfaite de goûts et de saveurs.
Quant à Ippolito Cavalcanti, duc de Buonvicino, si nous ne sommes pas assurés qu’il soit l’inventeur des Spaghetti alla Carbonara, l’histoire retiendra qu’il fut le premier à enseigner la cuisson « al dente » et l’auteur d’un fameux « Cucina teorico-pratica » qu’il publia en 1839. Notre duc restera dans l’histoire également pour avoir, le premier, associé Pâtes alimentaires et tomates, dénommées depuis lors: Pasta alla Napoletana!
Enfin, il ne me déplaît pas d’établir un lien entre le Carbonarisme, société secrète italienne qui combattit le Royaume de Naples pour instaurer un régime démocratique en vue de réaliser l’unité de l’Italie, et ce plat tout autant improbable que « politiquement » incorrect!
Des œufs, du fromage, du lard, de l’huile, des pâtes: principaux ingrédients portant la préparation à un tel niveau calorique qu’il devrait être interdit à la consommation et jugé responsable du taux élevé de mortalité par excès de cholestérol de ses consommateurs!
Mais j’y pense tout à coup: dans l’illustration des ingrédients qui composent la recette du jour, j’ai oublié l’essentiel, ceci:
Alors, sans en faire une habitude alimentaire, découvre cher lecteur, un plat d'homme fort et de femme insouciante: Spaghetti Alla Carbonara, come si deve!
Ingrédients pour 4 personnes
Poivre noir concassé
Huile d’olive (1cas)
Gros sel
10 dl de vin blanc sec
Fleur de sel
Piment d’Espelette
600gr de Spaghetti Barilla N°5
Guanciale (Lard de bajoue de porc) à défaut Panzetta. ( pour cette recette j’ai utilisé La Bulagna, charcuterie corse faite à partir de la joue de porc, séchée, puis fumée.)
6 Oeufs
Pecorino ou Parmiggiano Reggiano râpé. A proscrire: la crème fraiche!
Porter à ébullition une grande quantité d’eau salée, verser les Spaghetti N°5, remuer vivement à la spatule et cuire les pâtes 5,30 mn.
Battre au fouet les œufs, saler à la fleur de sel, poivrer généreusement. Ajouter le Parmesan râpé en quantité suffisante, réserver.
Égoutter les pâtes sans oublier de réserver 3 louches d’eau de cuisson!
Dans la marmite de cuisson des spaghetti, cuire le lard préalablement découpé, non pas en lardons, mais en morceaux:
Lorsque La Bulagna est dorée, dégraisser et mouiller au vin blanc jusqu’à évaporation.
Incorporez à ce moment l’eau de cuisson légèrement refroidie aux oeufs battus, fouetter. Il ne reste plus qu’a agir, mais vite!
Remuer vivement les pâtes et La Bulagna, incorporer les oeufs battus, ajouter du Parmesan et du poivre, soyez généreux tout en respectant les proportions, quelques pincées de Piment d’Espelette et c’est prêt!
Ouvrez un bon vin rouge, appelez les enfants, coupez la télé, sauf s’il y a encore un spot Barilla!
Celui-ci, il faut l’avouer, peut susciter des vocations, ce qui n’est pas pour me déplaire:
Voilà, bonne dégustation et à bientôt pour une nouvelle chronique.
« Tous les détails de la vie doivent être soumis à cette règle: savoir vaincre sa mauvaise humeur. » Napoléon Bonaparte. Maximes de guerre et pensées.
« Affective Disorder »: l’expression anglo-saxonne étant plus significative que Dépression saisonnière , je l’emploie volontiers comme légende à cette image prise un dimanche soir d’automne sur la place du village, où seuls trois Cafés encore ouverts à 19 heures éclairaient faiblement l’endroit, le rendant plus lugubre encore qu’à l’accoutumée.
Il faut dire aussi que cette photographie illustre parfaitement mon propos et qu’elle est en accord avec ma situation psychologique actuelle: lumière atténuée et changement d’heure obligatoire (stupide trouvaille de Giscard dans les années 70 que l’on continue d’imposer avec sadisme aux peuples européens, réduisant ainsi la part de soleil indispensable à leur équilibre) provoquent chez moi un sentiment de lassitude et d’anxiété, insomnies et manque d’appétit, bref un état général de santé où le fatalisme le dispute au plus profond découragement.
Qu’il me soit permis cependant de rassurer mes amis tout en décevant ceux qui ne le sont pas: ma santé mentale n’est pas altérée et si je m’amuse, dieu merci, en établissant un parallèle entre pénombre San Fiurenzica et Dépression Saisonnière, c’est pour mieux y déceler une lueur d’espoir!
Bon d’accord, cette image ne va pas nous redonner le moral, mais ayant cette belle avenue de façon permanente sous les yeux, je n’hésiterai jamais à vous faire partager, cher lecteur, le spectacle de l’entrée nord de notre rayonnante capitale du Nebbiu.
Je reste néanmoins convaincu que ces lueurs bleutées n’ont rien à voir avec celles de l’espoir! Si brouillard il y a, il est à rechercher plutôt dans le cerveau des concepteurs de cette esplanade. Sauf à considérer que le technicien du bureau d’études chargé de cette réalisation, soit originaire de Moselle ou des Ardennes belges – ou en pleine dépression lui-même – je persiste à croire que cet aménagement à l’entrée d’une ville de Méditerranée est plus qu’une faute de goût, une atteinte à l’Histoire, à la Corse et à notre belle cité …
Saint-Florent contrainte, par la bêtise des hommes, à exposer à ses visiteurs une si profonde cicatrice.
Avant de poursuivre, chers camarades Saint Florentins et lecteurs du monde entier – n’en déplaise à mes détracteurs- respirons un peu en écoutant de la musique.
J’ai pensé illustrer cette chronique par la chanson « Noir c’est Noir » mais, comme pour Johnny il n’y a plus d’espoir, je me suis ravisé, convaincu depuis toujours que l’Avenir et l’Espérance ont un destin lié.
Parce qu’il faut suivre tout autant Napoléon que Les Stones, comme j’en ai esquissé l’idée, quelle est donc cette lueur qui pourrait nous rendre de bonne humeur?
Tout d’abord ceci:
A relire mes précédentes publications, j’ y retrouve le plus souvent, au-delà de la manifestation d’une évidente mauvaise humeur, la forme d’un simple constat plus sûrement que l’expression d’une contestation virulente. Je n’y relève aucune contre-vérité, aucune affirmation gratuite ou non vérifiée, sauf une intuition qui ne s’est pas révélée exacte. Le 2 octobre, dans mon article Promenade a Saint Florent, au sujet des travaux de l’entrée nord qui s’éternisent, j’écrivais ceci: « Les engins sont là malgré tout, rouillés, à l’abandon. Je ne suis pas sûr que ce chantier finisse un jour ». Questionnement que je reprenais le 6 novembre dans: Bad news from the stars: « j’aurais aimé me tromper, mais le temps qui passe sans que rien ne bouge, semble, hélas, me donner raison ».
Eh bien, les travaux ont repris, menés par l’entreprise « Azote » à qui nous souhaitons des conditions climatiques clémentes. Nous espérons avec elle, voir enfin se terminer les digues sous-marines qu’elle installe au large de la promenade Dominique Vincetti (résistant corse mort les armes à la main à Casta, le 22 août 1943) puisque c’est ainsi que se nomme l’endroit et qu’il me plaît de le signaler!
Mais quoi encore? Qu’est ce qui pourrait bien nous redonner la joie de vivre à l’entrée de l’hiver?
La célébration des fêtes de fin d’année? J’ai bien peur qu’à ce sujet, nous nous préparions un Noël soviétique et que les illuminations ne soient qu’un rêve. La visite programmée du Président du Conseil Exécutif de la Corse? Il risque fort d’être reçu en catimini et je redoute que les annonces attendues ne fassent l’objet que d’une brève dans le journal local. La mise en service de la recyclerie? Un nouveau plan de circulation? Que nenni! Mais quoi alors?
Ceci: j’ai cru entendre que quelques uns se réunissent, réfléchissent, proposent … Des commerçants paraît-il. Tiens donc! Voilà qui me met de bonne humeur!
Cette chronique, cher lecteur, aura une tonalité différente des précédentes : je m’en vais vous donner quelques nouvelles de la Terre, c’est-à-dire du microcosme, comme aurait dirait un ancien Premier ministre, qui employa, par ailleurs, une expression aussi délicieuse que surannée en parlant du milieu politique, et que je reprends à mon compte: le marigot.
Pendant de longues semaines, alors que mon blog occupait l’espace, si je puis dire, pour toute réponse, on lui opposa un « silence assourdissant. » Il faut dire que la force de l’évidence est supérieure à toute autre considération et qu’il difficile d’aller contre ce qui a été démontré jusqu’à présent!
Considérant depuis toujours que le débat est productif et la confrontation des idées nécessaire, j’étais déçu par l’absence de réactions de nos élus, mais il est vrai aussi que, la communication n’étant pas leur fort – certains d’entre eux le reconnaissent sportivement – il n’était pas si étonnant que mon blog soit superbement ignoré!
Pourtant, si le Marigot du microcosme était agité d’un clapotis insignifiant, il n’en était pas de même dans la rue, dans les cafés, dans les familles, où le débat s’installe. Tout d’un coup, les élus sont interpellés, les gens parlent, échangent ! Cela fait mon bonheur.
Convenez que la situation est plutôt nouvelle! Nous étions jusqu’ici, plus habitués au silence des marécages qu’à l’expression de pensées nouvelles ou différentes. Ainsi le Marigot illustre on ne peut mieux notre position, car, Saint Florent, comme chacun sait, est une zone d’anciens marais, « un milieu dangereux, d’après le petit Larousse, pour les personnes qui lui sont extérieures, étant souvent associé à l’habitat des crocodiles. »! Continuons donc d’opposer à cet air vicié, la force d’un vent nouveau, qui, comme chacun le sait aussi, apporte, ici plus qu’ailleurs, un sentiment de fraîcheur et un air renouvelé!
Ceci étant posé, selon les échos qui me parviennent, dans la mare, un léger clapotis se fait sentir. Même si certains, n’en pouvant mais, seraient plutôt enclins à critiquer ce blog, sans pour autant oser le faire ouvertement. Je remarque cependant deux choses: une intervention de « franc-tireur » du Directeur de l’OMT, au sujet de l’un de mes précédents articles; intitulé : « St Florent, les pieds dans l’eau, la tête sur les épaules » (voir par ailleurs dans les commentaires) et une entrevue fort instructive avec le maire. Si cet entretien avait un tout autre objet, nous avons été amenés à parler de ce qui nous occupe ici, et, Monsieur le Maire, bien que m’ayant fait part, dans un premier temps, de son étonnement au sujet de mes positions, m’a aussi informé de ce qu’il avait en chantier. Le dialogue a du bon!
Alors une fois n’est pas coutume, ce blog se transforme un court instant en Bulletin Municipal:
Voici, en quatre points, la substance de cet entretien:
1) Le stade sera définitivement transformé en Parking pour la prochaine saison.
2) Le PLU est élaboré et sera rendu public dans un délai très court.
3) Les marais coté Déchetterie et Station d’Epuration sont asséchés dans le but de réaliser un immense parking qui s’étendra jusqu’aux terrains du Cinema en plein air, et une navette gratuite sera mise à disposition de ses utilisateurs.
4) Une zone de parking pour les camions de livraison sera aménagée devant Corse Plaisance.
Si les deux premiers points me semblent devoir ne souffrir aucune contestation et emportent mon adhésion, il n’en va pas de même pour les deux suivants.
Le « parking des marais »: visualisation
La partie hachurée en bleu correspond à la zone d’implantation du futur parking, qui, on le voit sur cette image, est situé à l’arrière de la zone artisanale et dont l’entrée se fera certainement par le chemin menant à la station d’épuration.
La partie hachurée en rouge correspond à la zone d’implantation de la recyclerie.
Par parenthèse, qu’il me soit permis de rappeler ici que la réception des travaux s’est effectuée le 19 septembre (Voir à ce sujet l’article dans le Corse-Matin du 24 septembre : Saint-Florent. La recyclerie est un exemple pour la Haute Corse. Nous ne doutons pas qu’il soit un exemple et nous en félicitons mais, à l’heure où j’écris, nous sommes le 6 novembre et il n’y a aucune trace d’activité sur le site ! Je ne ferai pas de procès d’intention et je suis moins pessimiste pour la recyclerie que pour le chantier de l’entrée nord dont j’avais prédit l’abandon – le 2 octobre ! – dans un de mes précédents articles: Promenades à Saint-Florent. J’aurais aimé me tromper, mais le temps qui passe sans que rien ne bouge, semble, hélas, me donner raison.
Bref, revenons au parking. Je l’appellerai, pour l’identifier, « parking des marais », puisqu’à l’heure actuelle, c’est un no man’s land et que, aucun panneau n’indique le chantier et la nature des travaux. Donc, et sous réserve de ne pas me tromper de direction dans nos zones humides, on ferait des terrassements pour combler les marais, afin d’y réaliser un aménagement d’envergure, sur au moins deux hectares. Cela suppose un investissement très lourd dont je ne saisis pas la pertinence alors que, à quelques mètres de là, près de la gendarmerie, la Commune dispose d’un terrain en bord de route dont les aménagements s’avéreraient minimes pour le transformer en parking!
Le futur parking des Marais en travaux
Le terrain de la gendarmerie, fermé, mieux placé, presque fait!
Enfin, pour ce qui est du quai de livraison, je considère que son installation devant le commerce Corse Plaisance est une aberration. Comment cela pourrait-il résoudre le problème du stationnement des camions puisqu’il premettra, au mieux, à deux camions seulement de stationner en même temps? De plus, les commerces ( Corse Plaisance, Corse Horizon et la Gelateria) ne seront plus visibles et donc non accessibles à la clientèle une bonne partie du temps! Leur sort commercial est ainsi fortement menacé. Comment imaginer qu’avoir quasiment en permanence deux semi-remorques soit « porteur » en termes d’image et de représentation commerciale! Si ce projet absurde est mené à bien, je ne saurais trop conseiller aux commerçants concernés d’être inventifs, voire géniaux, pour ne pas subir la saison prochaine les effets néfastes d’une vitrine aussi attrayante !
Je me souviens que, il y a près de trente ans, M. Filippini, avec qui, au demeurant, j’entretenais d’excellentes relations, après qu’il avait fait la tournée des villages – c’était le « tragulinu de la bonneterie », garait son camion le long du trottoir qui bordait ma terrasse. Cela avait les effets que l’on imagine ! Je lui demandais de se garer ailleurs, il déplacait son camion, mais avouait ne pas comprendre « en quoi il gênait »! Cette incompréhension à laquelle je pense avec nostalgie au souvenir de M. Filippini, n’est pas de mise aujourd’hui et je suis indigné à l’idée que l’on puisse songer sérieusement réaliser un projet qui risque de ruiner des commerçants!
Pour conclure sur les projets à venir de la commune : j’ai eu également l’occasion de prendre connaissance, par une autre source, tout aussi fiable que celle de notre Maire, que le schéma intercommunal retenu regroupera les communes de Farinole, Barbaggio, Patrimonio et Saint Florent.
Je reviendrai sur tous ces points dans un proche avenir, et, pour ne pas essuyer le reproche d’être toujours critique ou être cantonné dans le rôle du contestataire, je ferai des propositions détaillées sur ce qu’il me semble urgent de faire.
En attendant, fi des crocodiles, cher lecteur, et pour respirer un peu l’air du large, dans la joie et la bonne humeur, une petite vidéo, comme nous en avons pris l’habitude. Et comme nous avons commencé cette chronique avec Serge Gainsbourg, chantons avec lui pour conclure:
Le hasard fait bien les choses! L’appartement que nous occupons au « Covento dos Inglesinhos » jouxte l’hôpital Saint-Louis-des-Français, où est mort Fernando Pessoa que Marie aime depuis toujours. Je pourrais faire mienne la citation de la plaque qui honore sa mémoire : » I know not what tomorow will bring « , je ne sais pas de quoi demain sera fait.
Pour moi, la vie est pleine d’imprévus, de possibilités à saisir ou à négliger, mais rien n’est figé. Sans doute est-ce la raison qui m’a poussé à écrire ce blog et mon goût de la fantaisie à animer Saint Florent Back in the USSR, une page sur Facebook, que nous alimentons avec Marie en imaginant Saint Florent il y a trente ans au-delà du rideau de fer, ce qui n’est pas loin d’être la réalité d’aujourd’hui!
« Pessoa » en portugais veut dire passant, et si Pessoa, me souffle Marie, au même titre que Rimbaud est un « passant considérable », celui, poète ou pas, qui veut connaitre Lisboa, ne doit pas avoir peur de marcher! Ainsi nous parcourons des kilomètres chaque jour et buvons des litres de café sur toutes les places où nous faisons des haltes fréquentes. Nous sommes d’accord avec Marie sur ce point : nous aimons les cafés et les places, mais nous avons un différend de taille, je n’aime pas les musées et ne raffole pas des églises!
Donc pour un musée visité, je choisis quelque chose que Marie ne serait pas allée voir, par exemple le musée océanographique, le premier d’Europe, que Marie qualifie d’aquarium géant! Je te vois d’ici te moquer, lecteur, mais je ne suis pas un sauvage tout de même ! J’ai été heureux de voir le château Saint Georges, qui m’a rappelé les jeux de mon enfance avec ses murailles énormes et ses meurtrières! Et la cathédrale de Sé aussi! « Tu as été déçu en bien, comme disent les Suisses, » a dit Marie, qui était bien contente que ça m’ait plu!
Comme nous marchons beaucoup et avons la chance d’avoir un temps merveilleux, je disais à Marie qu’il faudrait s’inspirer des voyages pour la beauté des détails de certaines choses. Ainsi, les trottoirs de Lisbonne sont-ils un assemblage de fragments de marbre clair dont la monotonie de la couleur est cassée par des motifs en pierre noire; ils forment, à distance plus ou moins régulière les uns des autres, des carrés, des cercles ou des dessins plus complexes. J’aurais bien vu sur le port ou dans nos rues des motifs comme ceux-là!
Je m’interromps, cher lecteur, nous allons sortir, Marie me rappelle qu’elle n’est pas partie en vacances pour me regarder écrire pendant des heures! Donc, direction Barrio alto pour déguster la cuisine portugaise et écouter le Fado!
C’est dimanche à Lisbonne et comme les voyages sont toujours propices à réflexion et aux bilans de toutes sortes, je m’interroge : qu’en est il donc de ce blog?
Tu connais, cher lecteur, mon goût un peu maniaque pour les statistiques! Pour me décourager d’en mettre partout, Marie aime citer ce mot de Churchill qui disait : « Je ne crois qu’aux statistiques que j’ai falsifiées moi-même! » Alors pour une fois pas de stats détaillées mais une Info: les 23 et 24 septembre, pour la parution de « Saint Florent, les pieds dans l’eau … » le blog à reçu la visite de près de 400 personnes différentes.
Ces résultats me réjouissent le coeur ! En un mot comme en cent, ce blog fait le buzz!
Je n’avais pas besoin de statistiques pour le savoir! Je ne compte plus les gens qui m’arrêtent dans la rue – à Saint-Florent, pas à Lisbonne ! – pour me dire qu’il faut continuer, me féliciter ou m’approuver! Pas de critiques! Étonnant, non? Comme aurait dit l’ami Desproges!
En réalité, il semblerait que les critiques soient difficiles à formuler pour deux raisons : la première est toute simple : je dis la vérité ; la deuxième semblerait tenir à une difficulté d’expression propre à certains. Ainsi, on m’a rapporté qu’un élu m’aurait traité d’un mot ordurier que je préfère ne pas répéter! Il est de toute façon trop tard pour refaire son éducation comme celle de tous ceux qui croient que l’insulte tient lieu de commentaire et l’intolérance de conviction!
Cela ne gâchera pas mon plaisir d’être lu, écouté, commenté, et, si on ne dispose que d’arguments comme celui cité précédemment, je ne m’étonne plus de voir mon village si abîmé !
« Tout se tient! » dit Marie à qui je viens de lire ce dernier paragraphe.
Mais je ne veux pas te quitter, cher lecteur, sur cette note amère ! J’aime mieux te faire profiter de quelques images de vacances sur un air de la grande Amalia Rodriguez,la reine du Fado, musique qui est au Portugal, ce que le blues est au Sud des Etats-Unis!
Aujourd’hui c’était encore l’été. La température dans l’après-midi était de 27°. Les Bastiais et les derniers touristes étaient venus en nombre profiter de la mer, des plages, déjeuner au restaurant, se promener dans la ville.
Le restaurant était bondé à midi et ce soir c’est notre première fermeture depuis mars. Nos dimanches soirs en octobre seront consacrés au repos, à nos familles, aux enfants, aux promenades, aux jeux …Moments de calme et de sérénité que nous avons attendu avec impatience.
16:00. Le soleil est encore haut. Avec Marie, nous décidons de faire une promenade.
19:00. Nous sommes rentrés; j’ai fait des images tout au long de notre balade.
Je sais maintenant que je consacrerai cette soirée de dimanche tant attendue, à partager sur ce blog, les étapes de notre parcours. Les voici:
16:00 Parking. Travaux de la nouvelle station de relevage.
(Rupture au printemps d’une canalisation d’égouts qui se déversent depuis dans la rivière du Poggiu)
16:10 Nouveau quai de la Jetée
16:15 « Jardin »:Bout du Quai de la Jetée, face au village
16:17 Malfaçons: les conduites de gaines électriques sous le revêtement sont inondées
16:40 Plage des Flots bleus
16:55 Plage de La Roya. Niveau Camping « U Pezzo »
A ce niveau de la promenade, pour nous détendre, une citation :
« Le monde serait toujours désespérant s’il n’y avait pas l’homme, mais il y a l’homme et ses passions, ses rêves et sa communauté. » A. Camus
17:10 Plage de La Roya. Le CESM occupant la grève nous conduit à un détour par la route. Pour rejoindre la plage, nous pénétrons dans l’enceinte:
17:30 Retour de La Roya. Passerelle de L’Aliso
Nous terminons notre promenade devant chez moi, entrée Nord de la Ville. Le chantier, ouvert il y a 4 ans, n’a pas repris. Les engins sont là malgré tout, rouillés, à l’abandon. Je ne suis pas sûr que ce chantier finisse un jour. Du coup, on y déverse les gravats du chantier du Parking (Voir les images du début de notre promenade) mais aussi les boues de la rivière où se sont déversés les égouts tout l’été! Et peu importe si un hôtel, ici tente, tant bien que mal, de finir sa saison en louant quelques chambres au milieu des effluves nauséabondes et devant un chantier à l’abandon depuis le mois de mai.
Cher lecteur, je n’avais pas prévu de faire cette chronique. Aussi, je regrette qu’elle ne soit pas construite et rédigée comme je l’aurais souhaité. Mais il fallait que je partage sur-le-champ mon indignation ! Oui, partager, quel beau vocable: pour que cette ville, l’endroit où je suis né, le lieu de mon enfance et de mes rêves, cesse ainsi d’être abîmée.
Il est 22:58, nous sommes le dimanche 2 octobre et j’ai passé cette soirée devant mon ordinateur. Marie écoute les Concertos pour piano de Beethoven et les notes atténuées parviennent jusqu’à mon bureau, me faisant regretter davantage de ne pas être avec elle.
Alors allons-y!
Saint Florent: « les pieds dans l’eau, la tête sur les épaules »
Il semblerait que cette chronique suscite au sein de notre communauté des sentiments contradictoires, si ce n’est diamétralement opposés: certains m’ont fait part de leur profond intérêt pour les deux articles sur la ville de Saint Florent et j’avoue avoir été sensible aux compliments et suggestions de toutes sortes. D’autres m’ont gentiment conseillé d’être prudent; d’autres encore m’ont affirmé qu’une réaction serait imminente, mais sans pour autant en révéler la forme ou la nature.
Aux premiers, j’exprime ici ma gratitude et mes remerciements pour les encouragements, les contributions, les messages, les informations ou les documents transmis … Aux seconds, je ne saurai trop conseiller de contribuer au débat en apportant les réponses qu’ils jugent utiles. Chers amis, rien de plus simple: vous pouvez commenter les articles (votre anonymat est garanti en prenant un pseudo et votre adresse mail n’apparaîtra pas) ; m’interpeller publiquement pour engager une conversation ; établir des dossiers documentés que vous pouvez m’adresser ou me remettre en main propre etc. Alors à vos plumes! Quand bien même, et vous n’êtes pas sans le savoir, l’art est difficile!
Ceci étant posé, passons à ce qui nous occupe aujourd’hui: les différents aspects du Tourisme à Saint Florent, principale activité de la ville. Bien entendu, nous n’aborderons pas dans cette chronique tous les aspects du Tourisme dans notre ville: activité pluridisciplinaire par excellence, l’étude exhaustive rapportée à notre station se révélerait longue et fastidieuse. Nous démontrerons seulement en quelques points comment cette économie est appréhendée, ou plutôt, comment elle ne l’est pas!
Mais avant de commencer à « étudier », une compil des années 60 pour que certains de nos lecteurs ne se sentent pas trop dépaysés!…
Tourisme et réseaux sociaux
Aujourd’hui, les internautes du monde entier se sont emparés des réseaux sociaux -Facebook, Twiter – et partagent une quantité infinie d’informations: événements, documents : photos, vidéos, musique, etc. Nous sommes à l’ère où tout le monde est connecté, tout le temps et partout. Le tourisme n’échappe pas à la règle et les professionnels communiquent auprès du public au moyen de fan-pages qu’ils alimentent quotidiennement pour faire connaître et valoriser une destination, une entreprise, un lieu, une ville.
Certains établissements spécialisés dans le tourisme, et notamment les OMT,ont même prévu dans leur structure un « community-manager, » chargé d’alimenter la page ou le profil. A l’ère de l’etourisme où près de 95 % des OMT sont présents sur Facebook et où plus de 80% possèdent une fan-page, qu’en est-il de la promotion par ce moyen de notre belle cité?
Pour le savoir, commençons par faire un petit tour de Corse et voyons comment sont suivies, à l’heure où j’écris, les pages des principales destinations touristiques de l’île:
Maccinaggio: 527 amis.
Ile Rousse: 2091
Calvi: 6843
Porto: 1566
Cargese: 2077
Propriano: 1232
Bonifacio: 4998
Porto Vecchio: 1283
Ghisonaccia: 1229
Moriani: 930
Je ne listerai pas Bastia et Ajaccio qui, rapportées à nos stations balnéaires, sont de grandes villes.
J’y ajouterai le beau village de Rutali à quelques kilomètres de chez nous et dont la page est suivie par 344 fans!
En voici d’ailleurs l’élégante photo de profil.
Et St-Florent alors, « qui fait rêver les touristes de la terre entière » selon Corse Matin?
6 amis!
Au-delà de la stupeur que provoque cette révélation, il convient de définir les causes d’une telle absence de représentation. Nous sommes tout simplement confrontés à la perception, par nos administrateurs, d’un Tourisme comme activité subie.
Du coup, l’impréparation devient la règle, et les notions d’accueil, de service, d’organisation des flux, d’équipements, de gestion de l’espace, de communication et de valorisation ne font l’objet d’aucun débat ni concertation et sont tout simplement ignorées.
Pour le dire autrement, l’action publique à Saint Florent fonctionne sur le modèle des années 60 et les référents sont à rechercher du côté du Général De Gaulle ou de l’Amiral Sanguinetti, plutôt que chez Steve Jobs ou Marc Zuckerberg. Alors, pour aller dans le sens de nos élus, une fois n’est pas coutume, une petite chanson pour eux!
Où il est prouvé qu’une parole officielle est contredite par la réalité des faits et qu’opposer touristes et population locale est une ânerie!
On le sait, il est de coutume d’avoir à Saint Florent, une ou deux fois par an, un grand reportage dans le journal local, en l’occurrence « notre » Corse Matin. Les honneurs de la Presse, au demeurant jamais sollicités par nos édiles, peuvent prendre la forme suivante:
(Cliquer sur le lien pour voir l’article complet, auquel j’ai emprunté un titre d’anthologie)
Je passerai sur le pic de 30 000 visiteurs présents dans la commune à un instant T, ce qui ferait de Saint Florent la première destination touristique de l’île et une des premières de Méditerranée! Je passerai également sur le fait que notre ville « traîne comme un boulet le lourd handicap de ses enviables atouts » ce qui, au-delà d’une simple contradiction syntaxique, dénote d’un traumatisme de la pensée dont Freud lui-même aurait du mal à défaire les noeuds!
Je soulignerai seulement que le raisonnement véritable consiste à tout inverser:
C’est parce que Saint Florent reçoit ces « boulets de visiteurs » que la collectivité crée des recettes qui alimentent les lignes budgétaires et permettent d’équiper la commune. Cela s’effectue donc, non pas au détriment, mais, au contraire, au bénéfice de ceux qui y vivent toute l’année!
Une dernière chose pour s’approcher de la vérité, il faut dire ceci:
Bien qu’ils affirment le contraire, pour engendrer des recettes,nos administrateurs n’hésitent pas à raréfier l’offre de stationnement gratuit de manière à provoquer un sur-booking du Parking payant. Ce qui m’amène à penser que l’on applique hypocritement la politique inverse de celle affichée publiquement : on contraint la population locale à mettre la main à la poche en même temps qu’on le dénonce! Ah! Les vertus immémoriales de l’art politique, ou plutôt, de la Puliticchella!
Nous l’avons vu dans ce qui précède, Saint Florent ne communique pas et certains opposent encore Tourisme et population locale, pour des raisons plus électoralistes que par conviction, du moins je l’espère. Mais que se passe-t-il réellement, sur le terrain? Peut-être sommes- nous exemplaires en ce qui concerne la réception et l’accueil des touristes?
Faisons appel là aussi aux journalistes locaux et voyons comment l’information est traitée:
« Si Saint-Florent et ses plages font rêver les touristes de la terre entière, l’entrée de la capitale du Nebbiu est loin d’être des plus agréables à regarder. D’énormes trous jouxtent les trottoirs et donnent l’impression que la cité balnéaire est à l’abandon ou a été soumise à un pilonnage intensif. »
Alors plutôt que de longs discours, quelques images!
Le parcours du combattant
I. SE GARER
Pour la 458éme fois ….
Barrière en panne!
Au sujet du parking municipal, il faut dire également que depuis l’ouverture, l’écran affichant complet à l’entrée est entouré d’un sac poubelle 100l noir et que les touristes engagés ne peuvent plus faire marche arrière. La file s’étirant, la ville est rapidement asphyxiée. (Au sujet de la circulation, voir mon article, « Saint Florent, A chacun son dû »
Du coup, la possibilité est offerte aux estivants de se garer à l’entrée sud de la station, grâce à la mise à disposition du terrain d’un particulier, ayant pour directive de ne l’ouvrir qu’après saturation de l’aire de stationnement municipal et de le refermer aussitôt que les touristes seront devenus moins nombreux!
Ci-contre, le parking …
Itinéraire-bis inondé de soleil et de poussière au mois d’août!
Une idée du terrain, ou plutôt, du Camp de stationnement le 23 septembre.
Pour être tout à fait complet, une image d’un terrain municipal situé à quelques dizaines de mètres:
Quoi? 1,5 ha à 400 mètres de la ville! Bien placé, sécurisé? Laissons çà aux guignols!
II. SE PROMENER EN VILLE
Partez seulement du principe qu’il ne faut pas chercher des allées piétonnes, arborées, et que toute signalétique est proscrite. Sans doute pour ne pas altérer le spectacle éblouissant de plots en granit et de jardinières faméliques qui font ressembler le centre-ville à un cimetière…
… et il se pourrait fort bien qu’un soir, fin août, la promenade se transforme en cauchemar:
Ceci étant dit, pour les égouts je ne nie pas le caractère exceptionnel, si ce n’est accidentel, de la situation décrite. En revanche, si vous vous promenez lors des animations de rue du Festival de Porto Latino, sachez que les musiciens maîtrisent parfaitement l’art de la danse au milieu des voitures:
… et qu’il n’est venu à l’esprit de personne qu’il serait temps de remplacer la « zone piétonne de fait » (oui, oui, ainsi m’a-t-on répondu un jour au sujet d’ une demande validée par une grande majorité de commerçants) en zone piétonne de droit!
« Zone Piétonne de Fait » St Florent Août 2011
III. SE BAIGNER À SAINT FLORENT
Nous en arrivons au terme de cette chronique, et j’avoue ressentir, l’indignation ayant ses limites, une certaine lassitude. Mais avant de nous quitter prenons un bain! alors quelques images, et une fois n’est pas coutume …
NO COMMENT!
Plage de la Roya. Eté 2011
Plage des Flots Bleus, ce matin
Après la passerelle … 14/09/2011
Plage Entrée Nord, Août 2011
Et pour terminer, un saut de puce sur la plage d’Olzu, en territoire extra-communal:
08 Août 2011
En guise de conclusion, camarade lecteur qui m’a suivi jusqu’ici, deux choses :
Une citation:
« Les gens en place ont des intérêts et rarement des opinions. Combattre celle qui convient à leurs projets actuels, fait à leurs yeux se déclarer contre eux. Cet attachement à la vérité, l’une des plus fortes passions des esprits élevés et des âmes indépendantes, n’est pour eux qu’un sentiment chimérique. » Condorcet
Et une suggestion:
Parlez, Commentez, écrivez, partagez … A vous de jouer!
Cher lecteur, tout est dit! Alors pour nous divertir un peu, une jolie chanson:
… Où il est clairement démontré qu’à défaut d’animer notre belle cité, cet article risque fort d’animer les conversations, ce qui selon le Dictionnaire la rend « plus vive et plus intéressante ».
Le sujet de mon propos aujourd’hui est d’établir le compte-rendu des animations estivales et de voir ainsi de quelle façon on a donné de la vie, de l’entrain et du mouvement à notre belle cité. Et si le titre de cette communication est emprunté au site de l’Office du Tourisme, c’est pour en accentuer la portée et contribuer, en toute immodestie, à lui offrir un public plus large.
Page d'accueil du site de l'OMT
Pour la documentation nécessaire à la rédaction de cet article, nous nous sommes rendus sur le site de l’OMT de la ville où l’Agenda Officiel nous informe … en même temps qu’il nous stupéfie!
Saint Florent, une ville en fête, tout l’agenda ici:
Je ne reprendrai pas ici la chronologie de tous les événements, car, malgré l’immense intérêt que l’on pourrait y porter, je doute de la pertinence, en saison estivale, d’une conférence d’éminents spécialistes de la géologie de la Corse, ou de l’annonce de la procession pour la Saint Erasme!
L’animation estivale proprement dite a débuté le 9 avril avec une manifestation sobrement intitulée:
Ecoutes et Flûtes
Le CESM de la plage de la Roya, vénérable institution locale, qui occupe une partie du littoral de la commune, organise un stage de Jazz et Voile pour initier aux joies de la mer les adeptes du tourisme social, habitués aux voyages en groupe et aux auberges de jeunesse.
CESM – Saint-Florent – Haute Corse
Je renonce à m’informer davantage au sujet du stage de Jazz et Voile: j’imagine qu’il s’agit d’une opération où l’alliance de la musique et de sports extrêmes doit être destinée aux grands professionnels de la mer. Jouer du Jazz avec une flûte traversière sur un voilier dans le golfe de Saint Florent exigeant un talent exceptionnel, je promets d’y assister de loin, l’année prochaine, si ce type de manifestation, inconnue au niveau mondial, venait à être renouvelée. Pour être tout à fait complet, et s’il vous venait à l’idée de jouer de la flûte sur un bateau, voici les références de cette association et les éléments de présentation du stage :
Le Salon de Musique – stage Ecoutes et Flûtes Téléphone : 01 42 85 54 02
« Un stage de flûte traversière, de voile et de plongée pour flûtistes amateurs »
« Ce stage est proposé aux flûtistes à partir de 18 ans au moins de niveau fin de premier cycle (élémentaire). Flûte en ensembles et cours individuels, improvisation, initiation au piccolo, atelier » maintenance de la flûte traversière ». Voile légère sur 420, laser, catamaran mais également de la plongée … »
Il est à noter que cette manifestation où se confondent sport et musique sera renouvelée trois fois durant la saison et que le dernier stage, plus particulièrement axé sur « LA FLUTE TRAVERSIERE » s’est déroulé du 19 au 29 août: j’ose espérer qu’il n’a pas contribué à raréfier le public enthousiaste des concerts de polyphonie programmés aux mêmes dates, du fait de l’infortune d’un calendrier mal maîtrisé!
Qu’il me soit permis de vous livrer ici le fond de ma pensée: tout cela est à ce point insignifiant que les soirées de lecture de poésies à deux balles dans les Maisons des Jeunes et de la Culture des années 70, chères à André Malraux, ressembleraient, par comparaison, à un gigantesque festival de Rock, genre Woodstock.
Mais poursuivons la lecture de notre rubrique préférée!
J’ai vainement recherché dans l’Agenda Officiel le programme des manifestations du 21 juin à Saint Florent. Du coup, j’ai dû me rabattre sur mes archives personnelles, collectées heureusement par un réseau social, et dont la publication avait alors provoqué quelques remous au sein de notre communauté. Qu’il me soit permis, sans vouloir raviver les querelles inutiles, de publier l’image de l’affiche de cette manifestation qui restera dans les mémoires!
Fête de la Musique à Saint Florent
Le résultat de la manifestation fut à l’image de sa présentation, et le podium installé sur la Place fut le théâtre de quiproquos désopilants qui aboutirent, assez injustement il faut le dire, à un défilé tronqué et à une parade de Harleys, qui n’en pouvant mais, repartirent illico dans une joyeuse pétarade!
Absent de la ville ce soir là, je ne me privais pas de ramener l’affiche et le programme de la manifestation de Bastia, espérant convaincre les ordonnateurs des festivités Saint Florentines de s’en inspirer !
Fête de la Musique à Bastia
La consultation assidue du fameux site de L’OMT de la ville de Saint Florent nous réserve également de délicieux moments où l’Œcuménisme le dispute à l’expertise en imbécillités de toutes sortes.
La preuve irréfutable de ce que j’avance dans cet extrait de l’Agenda:
»à l’affiche…
du 30 juillet au 6 septembre 2011 à Saint Florent
MESSE »
… Et le WebMaster de génie d’aligner l’horaire et le lieu des offices religieux du 30 juillet au 6 septembre, réalisant ainsi la prouesse de sa rubrique la plus complète et la plus détaillée!
(En retournant à l’instant sur le site, je m’aperçois que l’Agenda intitulé sobrement MESSE a été actualisé et que seuls les offices du mois de septembre sont mentionnés.)
Tu auras noté cher lecteur, que pour la seconde fois dans cet article je communique le lien du « Portail Touristique » de l’OMT de Saint Florent, ce qui ne manquera pas de provoquer une consultation supplémentaire du site officiel et donc de nous attirer de nombreux touristes en 2012!
Nous en étions donc au 21 juin, mais la saison n’avait pas encore véritablement démarré.
Une exposition d’Art Contemporain, intitulée « Free Reign, artisti corsi » présentée par « Prom’Art »eut lieu tout le mois de juillet mais je ne peux malheureusement en faire la narration, ce mouvement n’ayant pas de site internet.
Il faut cependant savoir que cette exposition ne fit l’objet d’aucune information et que c’est par hasard que je découvris son existence bien après que ces artistes eurent plié bagage!
Pour ceux qui seraient interessés voici le lien et L’affiche de l’Exposition de Saint Florent:
Je ne rentrerai pas dans les détails du feu d’artifice du 13 juillet, spectacle offert par la ville de Saint Florent et son Office de Tourisme, sauf pour dire que cet événement est très couru et constitue, à vrai dire, la seule et unique manifestation estivale, sous l’égide de la mairie. Il n’en reste pas moins que ce spectacle ne restera pas dans les annales de la Pyrotechnie et qu’il conviendrait de lui donner plus d’ampleur, autrement que par le chuchotement intra muros comme mode de communication!
En juillet nous eûmes également droit à de multiples représentations de cirques et de Guignols, de « Taureaux-Piscine » et de courses d’ânes, mais il s’agit de représentations d’entreprises privées situées sur un terrain vague près de la Gendarmerie et nous n’en ferons pas la relation : la cruauté a ses limites !
Magics Circus
Pour en finir avec l’animation – je comprends ta lassitude, cher lecteur : c’est aussi la mienne -, mais ce qui suit me semble devoir être évoqué:
à l’affiche…
du 1 août au 31 août 2011 à Saint Florent
EXPOSITION DANS LE DONJON DE LA CITADELLE
Extrait du catalogue:
« Quelques touches de pointillisme nous rappellent son influence impressionniste. La peinture au couteau est sa technique favorite , mais il utilise volontiers la brosse , le pastel ou la craie d’art. Son oeuvre est le reflet d’une évasion plaisante vers la sérénité. »
Attiré par cette exposition, votre reporter préféré en fit quelques images qui, une fois n’est pas coutume, se passent de tout commentaire!
Entrée du Musée
Accueil
Accrochage
L'une des Salles
Je ne saurais trop te conseiller, cher lecteur, mon semblable, mon frère,de ne pas faire état de ce que tu viens de lire et de voir ! Il se pourrait, en effet, que l’on te rende responsable de l’infortune de notre belle cité dans les temps futurs.
Alors plutôt que de se plaindre ou s’indigner, et pour ne pas trop se dépayser, écoutons ensemble, et dans le plus recueillement … ceci:
Je ne suis pas Don Quichotte! Ceux qui pensent que je n’écris que par provocation, utopie ou manque de réalisme se trompent. C’est d’ailleurs une manière sournoise de détourner ou d’atténuer la force éventuelle de ce que j’écris, ou plutôt de ce que je dénonce!
Cet article engagera certainement une polémique … (« du grec πολεμικός, polêmikôs « qui concerne la guerre », « disposé à la guerre», « batailleur, querelleur » désigne une discussion, un débat, une controverse qui traduit de façon violente ou passionnée, et le plus souvent par écrit, des opinions contraires sur toutes espèces de sujets) … et je l’assume d’avance!
Ce qui va suivre n’en reste pas moins déconseillé aux âmes sensibles et aux hommes sans caractère, aux moutons fidèles et aux valets reconnaissants.
L’été 2011 s’achève, les touristes sont un peu moins nombreux, les premières pluies ont lavé hier nos rues pavées de granit, et sur le port les tilleuls argentés commencent à perdre leurs feuilles. Des concerts de polyphonie sont toujours programmés à la Cathédrale et … « La vie s’écoule, la vie s’enfuit. Les jours défilent au pas de l’ennui. »
Mais revenons à nos moutons, si je puis m’exprimer ainsi, et ceux qui me connaissent savent tout le sel que revêt cette expression pour moi. Donc, comme tous les étés, Saint-Florent a vu sa population décupler avec l’arrivée massive des touristes, puisque le monde entier sait maintenant que nous sommes le petit Saint Tropez de la Corse! Les images d’Epinal ont la vie dure mais il est vrai que la découverte de notre cité par le Web ne peut que conforter la légende.
L’image est belle et conforme en tous points au spectacle d’une beauté inégalée, immuable et contemplée chaque jour. Mais, comme je ne suis pas un adepte de la langue de bois et me méfie comme de la peste de toute propagande officielle, je me suis intéressé au Saint Florent Backstage: car c’est de cet endroit que l’on observe le mieux.
Voici donc le résultat de mes vagabondages, de mes colères et de mes indignations.
Je me souviens d’un matin d’embouteillages au mois de mai et décidai, anticipant une panique de la circulation pour les mois à venir, de réfléchir au moyen de résoudre un problème qui s’annonçait violent et répété. Je ne fus pas long à trouver une solution et soumettai l’idée aux différents fournisseurs des établissements de la ville . Après m’être assuré de leur accord, j’en fis part à l’un des adjoints au maire lors d’une conversation que nous avions eue à ma demande sur ce sujet.
La réponse qui me fut apportée (par téléphone) consistait à me dire que cette solution avait été envisagée par le maire lui-même il y a quelques années, mais que les fournisseurs, conviés à une réunion en Mairie, s’y étaient opposés. Bref, passons sur ce qui n’était que le refus impoli, mais définitif, d’un édile ne supportant pas que le bon sens exprimé par un citoyen s’oppose à l’anarchie quotidienne qu’il ne parvenait pas à juguler!
Pour sortir du centre-ville plus de 200 camions par semaine, la solution proposée était la suivante:
Photo: 13 juillet 2011.
10:00
Emplacement du « Quai de Livraisons »
Parking Municipal
Entrée et sortie Camions: portique sécurisé devant le pont de La Lumaga
Horaires: 6:00/11:00
Cela ne coûtait quasiment rien, la partie du Parking reservée de 6h à 11h aux camions n’étant pas occupée dans ce creneau horaire. L’aurait-elle été en partie, au mois d’août, le sacrifice de quelques places se serait avéré profitable pour tous. Il est vrai que cela soulevait un autre problème crucial, et non géré, celui des parkings, sur lequel, naturellement, nous reviendrons.
Recontactés par mes soins, les fournisseurs persistaient à trouver la solution pratique et nécessaire, et niaient vigoureusement avoir été conviés à une quelconque réunion! Non sans ironie, l’un d’entre eux me dit que, peut-être, son grand-père, en 1937, avait probablement croisé le Maire de Saint Florent, mais que la discussion tourna court!
Voilà donc ce qui attend le touriste -audacieux- qui s’engage en ville durant les mois d’été:
Si par malheur il vous arrive de circuler tôt le matin dans la ville pour rejoindre le port ou la citadelle et si nous sommes un jeudi, voici à quoi il faut s’attendre:
Sur la gauche, et pour rejoindre le port, un camion de livraison s’apprête a stationner pour livrer cafés et restaurants de la zone. Il est 8:00, il y restera jusqu’à 11:00.
Sur la droite de l’image, l’engin d’une société concurrente fait la même chose et interdit à l’automobiliste, aventurier inconscient des difficultés, de rejoindre le quartier de la citadelle. Impossible de se sortir de ce guêpier. Une seule et unique solution: demi tour en marche arrière!
Noooonnnnnnnnnnnn, la rue entière est bloquée!
Votre chroniqueur préféré ayant eu l’occasion d’assister à ce triste spectacle, il téléphona à la marée chaussée locale pour l’informer d’une situation devenue inextricable et s’entendit répondre par le Pandore de permanence: « Ben, c’est normal, c’est jeudi! C’est jour de livraison! »
Ma mise en place au restaurant étant bien avancée, je me dirigeais vers la terrasse du Passage pour boire une Zilia avec Gilles qui lui fume des cigares et boit du thé. La lecture des journaux et la teneur de la conversation avec mon ami me divertit un moment. Mais la panique arrivait ici aussi …
La situation créée par les camions dans le haut du village provoqua par un « effet mécanique de contamination circulante » un second embouteillage vers le centre:
Dans leur grande mansuétude, les camionneurs du centre laissèrent un trou de souris aux automobilistes qui s’exercèrent alors aux joies délicieuses mais périlleuses du Gymkhana urbain. Et voilà comment, la circulation au Centre Ville provoqua ceci dans les faubourgs, allée de Vilnius*:
*D’autres images sur l’allée de Vilnius sur ma page facebook: Saint Florent Back in the U.S.S.R
Inextricable!
Pour nous sortir de tant de frénésie je te propose cher lecteur, mon semblable, mon frère, de nous détendre un peu.
Alors un peu de musique, et à bientôt pour de nouvelles aventures, car il est temps déjà, de passer à autre chose …
Aujourd’hui j’arrête de fumer, ce qui ne va pas manquer de surprendre ceux qui me connaissent. Non parce qu’ils pourraient penser que je n’en suis pas capable, mais parce qu’ils croyaient que j’avais arrêté le tabac le 2 juin. Il y a, en effet, 93 jours que j’en fis part, comme tout futur ex-fumeur, à tout le monde, famille, proches, amis et parfois même à des inconnus!
La volonté d’arrêter de fumer m’entraîna dans un délire statistique qui me conduisit à tout noter pour établir moyennes et ratios.
Immanquablement, et selon une théorie qui n’appartient qu’a moi, cela devait m’amener sur les chemins radieux de la grande santé!
A quelque chose près, j’ai passé les dernières 2232 heures de mon existence à ne penser qu’a ça!
Donc en juin, j’obtins le score suivant: 181 cigarettes, soit une moyenne de
6,241 par jour, – le mois de juin 2011 ne comportant exceptionnellement que 29 jours – avec des journées de grande réussite, notamment le 9, les 18, 19 et 20, ainsi que le 28 où je ne fumais qu’une seule cigarette!
En juillet mon score fut de 135 cigarettes consumées, ce qui représente une moyenne de 4,354 par jour malgré un début d’incendie au restaurant le 23 qui me fit fumer 10 cigarettes ….. et boire 3 whisky! En dépit de cet épisode qui faillit tourner au drame, juillet a été beau cette année dans ma ville: mon sevrage en bonne voie, l’affluence des touristes, les marches avec Marie sur le sentier des douaniers, les nuits fraîches et 11 journées de vent qui nettoyaient
le ciel.
Je ne m’étendrai pas sur les résultats du mois d’août pour deux raisons: la
crainte de lasser l’éventuel lecteur et le résultat qui n’est pas à la hauteur de l’immense défi que je me lançais il y a quelques semaines.
Je communique ici et malgré tout la synthèse du mois d’août pour contribuer aux statistiques de sevrage tabagique, susceptibles d’intéresser les chercheurs en fin d’études de psychiatrie ou de cancérologie: 417 x 20 à 30 volutes inhalées, soit une moyenne – fortement augmentée – de 13,451 cigarettes par jour!
Ce mauvais chiffre d’août – cette année, aout aura été le mois des mauvais
chiffres: Emploi, Déficits, Dettes souveraines, Tempêtes boursières – est dû à la quantité phénoménale et quasiment inhumaine de travail que je suis dans l’obligation d’assumer, pour ne pas parler de mes colères et de mes indignations quotidiennes et répétées devant l’état de ma ville.
Tout ça pour te dire, cher lecteur, mon semblable, mon frère, qu’il se pourrait bien que cette dernière cigarette, étant donné ce qui va suivre dans les prochaines semaines et tout au long de ce blog, ne me soit offerte par le bourreau … avec un verre de rhum!
Où il est question de cuisine et de jeux, de philosophie et de combats, d'histoires drôles et de Vilnius, de mon village et d'amour, de photographies et de nuits noires, de promenades et de rêveries, de dérision et de puttachji, de tourisme et de politique, de la Corse et d'un ou deux autres pays, de foot, de risotto, de vin et de fantaisie ...
Et de deux ou trois choses encore!